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Dernières nouvelles des accélérateurs : la remise en service avance, avec son lot habituel de difficultés

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Le 16 février, la clef symbolique du LHC a été officiellement remise à l’équipe responsable des opérations, pour le début de la phase de remise en service du matériel pour le LHC. En début de semaine, sur les 10 336 tests de matériel à réaliser, 8 600 ont été menés à bien avec succès. L’injection des premiers protons dans le LHC est prévue pour le 11 mars, mais pourrait être avancée de quelques jours si tout va bien.

En attendant, la mise en service de la chaîne d’injection progresse de manière satisfaisante. Le Linac 4 fournit régulièrement des faisceaux au Booster du PS, et tous les faisceaux opérationnels sont désormais configurés et réglés pour les machines situées en aval. Le PS a également configuré les faisceaux initiaux requis par le SPS, y compris un faisceau à un seul paquet destiné au LHC et une version basse intensité du faisceau destiné aux expériences de la zone nord du SPS.

En ce qui concerne le SPS, la mise en service du matériel se déroule conformément au programme, mais pas sans difficultés. L'épreuve de résistance à la chaleur, étape critique de la mise en service, consiste à envoyer des impulsions aux aimants principaux pendant environ 12 heures, avec une intensité de courant proche de l'intensité moyenne maximale à laquelle les aimants peuvent fonctionner. L’objectif est de détecter d'éventuelles anomalies dans le refroidissement des aimants. En conditions normales, les aimants atteindront une température stable au bout de 20 à 30 minutes.

La semaine dernière, 10 minutes seulement après le début de l'épreuve, les opérateurs du Centre de contrôle du CERN (CCC) ont reçu une alarme : un ou plusieurs aimants dans l’un des sextants du SPS (un sextant représentant un sixième de la circonférence de la machine) avaient surchauffé. Les aimants sont protégés contre la surchauffe par un dispositif qui arrête le courant électrique les traversant pour éviter d'éventuels dommages. L'intervention rapide d’experts équipés de caméras thermiques a permis d'identifier l’aimant à l'origine du problème, et il est apparu que des débris de caoutchouc provenant d’un clapet anti-retour entravaient le passage de l'eau de refroidissement. Les 110 filtres du sextant affecté ont alors été nettoyés et le circuit a été rincé, de manière qu'il ne reste plus aucun débris de caoutchouc. Une deuxième épreuve de résistance à la chaleur a confirmé que tous les aimants fonctionnent à présent à des températures normales.

Dans l’ensemble, les activités de mise en service du matériel et du faisceau dans tout le complexe d'accélérateurs progressent de manière satisfaisante. Malgré certains problèmes, classiques lors d'une remise en service annuelle, pour l'heure, rien n’a mis en péril le calendrier prévu pour la fourniture des faisceaux.

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Sur cette image prise par caméra thermique, on voit clairement une différence de température notable entre l’aimant à gauche (en bleu) et l’aimant en surchauffe à droite (en jaune). (Image : CERN)
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Le filtre à eau obstrué par des débris de caoutchouc. (Image : CERN)