L’Inde s’apprête à devenir État membre associé du CERN

Fabiola Gianotti et Sekhar Basu ont signé aujourd’hui un accord octroyant à l’Inde le statut d’État membre associé du CERN.

Genève et Mumbai, le 21 novembre 2016. Fabiola Gianotti, directrice générale du CERN1, et Sekhar Basu, président de la Commission de l’Énergie atomique et secrétaire du département de l'Énergie atomique (DAE) du gouvernement de l’Inde, ont signé aujourd’hui un accord octroyant à l’Inde le statut d’État membre associé du CERN. Pour que l’accord entre en vigueur, le gouvernement de l’Inde doit encore notifier au CERN qu’il a été définitivement approuvé.

« L’Inde s’est efforcée de concevoir, de développer et d’utiliser différents types d’accélérateurs d’électrons et de protons à des fins scientifiques, industrielles et sociétales, a déclaré Sekhar Basu. L’octroi à l’Inde du statut d’État membre associé va permettre d’accroître la participation de jeunes scientifiques et ingénieurs indiens à divers projets du CERN et de développer des connaissances qui pourront être utilisées dans les programmes nationaux. Cela permettra également à des entreprises indiennes de participer directement aux projets du CERN. »

« Depuis plus de 50 ans, l’Inde est un partenaire solide pour les activités scientifiques du CERN, a déclaré Fabiola Gianotti. Ainsi, les physiciens, ingénieurs et techniciens indiens ont réalisé d’importantes contributions pour la construction de l’accélérateur LHC, pour les expériences ALICE et CMS et pour les travaux de recherche et de développement sur les accélérateurs. Je suis très heureuse d'accueillir l’Inde en tant que nouvel État membre associé et me réjouis à l’idée d’une collaboration renforcée pour les programmes scientifiques et technologiques passionnants du CERN. »

En 1991, l’Inde et le CERN ont signé un accord de collaboration établissant les priorités de leur coopération scientifique et technique. Plusieurs protocoles ont par la suite été signés. Les relations de l’Inde avec l’Organisation sont toutefois beaucoup plus anciennes puisqu’elles remontent initialement à la coopération avec l’Institut de recherche fondamentale Tata, dont les physiciens des hautes énergies participent activement à des expériences au CERN depuis les années 1960. Ils ont ensuite été rejoints par les scientifiques du Centre de technologie de pointe Raja Ramanna, à Indore, dans les années 1990. Ces instituts, avec d’autres, ont construit des éléments pour l’accélérateur LEP et les détecteurs L3, WA93 et WA98. Tout au long de ces années, leurs scientifiques ont participé à d’importantes analyses et publications de physique.

Tout cela a ouvert la voie à la décision prise par la Commission indienne de l'Énergie atomique, en 1996, de participer à la construction du LHC et de contribuer aux expériences CMS et ALICE ainsi qu’à la Grille de calcul pour le LHC avec des centres de niveau 2 à Mumbai et Kolkata. En reconnaissance de ces importants apports, l’Inde s’est vu accorder en 2002 le statut d’observateur au Conseil du CERN. Le succès du partenariat entre le CERN et le DAE pour le LHC a également conduit à une coopération sur les technologies novatrices pour les accélérateurs, à travers la participation du DAE aux projets Linac 4, SPL et CTF3 du CERN, et la contribution du CERN aux programmes du DAE. L’Inde participe également aux expériences COMPASS, ISOLDE et nTOF.

Le statut d’État membre associé accordé à l’Inde sera l’occasion de renforcer le partenariat à long terme entre le CERN et la communauté scientifique indienne. Il permettra à l’Inde de participer aux réunions du Conseil du CERN et de ses comités (Comité des finances et Comité des directives scientifiques). Les scientifiques indiens pourront également devenir membres du personnel du CERN. Enfin, une fois que l’accord sera entré en vigueur, les entreprises indiennes pourront répondre aux appels d'offres du CERN, ce qui ouvrira la voie à une collaboration industrielle dans le domaine des technologies de pointe.

Footnote(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la Recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Israël, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède et Suisse. Chypre et la Serbie sont États membres associés en phase préalable à l’adhésion. Le Pakistan, la Turquie et l’Ukraine sont États membres associés. Les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, l’Inde, le Japon, le JINR, l’UNESCO et l’Union européenne ont actuellement le statut d’observateur.

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