Un accord entre les États-Unis et le CERN jette les bases d'une nouvelle ère de découvertes scientifiques

Ernest Moniz, Secrétaire à l'Énergie des États-Unis, Rolf Heuer, Directeur général du CERN, et France A. Córdova, directrice de la NSF, signent un accord entre les États-Unis et le CERN à la Maison Blanche. (Image: Ken Shipp/DOE Photo)

Washington, le 7 mai 2015. Le nouvel accord entre les États-Unis et l’Organisation européenne pour la Recherche nucléaire (CERN1) signé aujourd’hui va ouvrir la voie à un nouveau type de collaboration en physique des particules, et permettra de jeter une lumière nouvelle sur les particules fondamentales et la nature de la matière qui constitue l’Univers.

L’accord, signé lors d’une cérémonie tenue à la Maison-Blanche par le ministère de l’Énergie des États-Unis (DoE), la National Science Foundation (NSF) des États-Unis et le CERN, le grand Laboratoire européen qui a son siège à Genève (Suisse), va permettre de nouvelles découvertes scientifiques dans le domaine de la physique des particules et de l’informatique de pointe.

 « Une coopération scientifique fructueuse transcendant les frontières est bénéfique pour la société et les chercheurs du monde entier », a déclaré John P. Holdren, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche. « L’accord signé aujourd’hui est un modèle du genre pour des collaborations scientifiques internationales qui pourraient aboutir à des découvertes et des innovations fondamentales dans des domaines d’intérêt mutuel. »

« Je ne peux que me réjouir de la signature de cet accord, a déclaré Rolf Heuer, directeur général du CERN. Il va nous permettre d’établir une collaboration fructueuse sur le long terme avec les États-Unis, notamment en montrant la voie à suivre pour exploiter pendant de nombreuses années tout le potentiel du Grand collisionneur de hadrons grâce à une série d’améliorations prévues. Cet accord est également historique car il officialise pour la première fois la participation du CERN à des programmes menés aux États-Unis, comme les futures installations neutrinos. »

L’accord incarne également une harmonisation des stratégies à long terme de l'Europe et des États-Unis pour la physique des particules, l'accent étant mis sur une coopération internationale étroite. Ces échanges au niveau mondial ont déjà produit des résultats impressionnants avec des instruments comme le Grand collisionneur de hadrons (LHC), au CERN, et le Tevatron, le collisionneur de particules du Fermilab. Le LHC, connu pour avoir permis en 2012 la découverte du boson de Higgs, consacrée par un prix Nobel, pourrait apporter de nouvelles informations sur cette particule, tout en permettant de découvrir d’autres particules subatomiques et d’en savoir plus sur la composition de l’Univers.

« Cet accord va non seulement permettre aux scientifiques des États-Unis de continuer à apporter des contributions décisives aux importants travaux réalisés au CERN, mais il ouvre également la voie à une participation du CERN à des expériences menées aux États-Unis, a indiqué le Secrétaire à l'Énergie des États-Unis Ernest Moniz. « Nous avons pu constater que la collaboration internationale entre les États-Unis et le CERN contribue à favoriser des découvertes sans précédent, qui repoussent les limites de la science et améliorent notre compréhension de l'Univers. »

Le CERN a une longue tradition de collaboration avec les États-Unis : le physicien américain Isidor Rabi fut l'un des pères fondateurs du CERN, et, depuis la création du Laboratoire, au début des années 1950, des scientifiques des États-Unis participent à des projets du CERN. Le CERN a fourni des équipements destinés à des projets aux États-Unis, comme le Collisionneur d'ions lourds relativistes (RHIC) du Laboratoire national de Brookhaven, utilisé pour la recherche en physique nucléaire, et les scientifiques européens ont joué un rôle essentiel dans la réussite de collisionneurs de particules basés aux États-Unis, tels que le Tevatron.

« Le CERN est un lieu d'exploration, au sens propre, a déclaré A. Córdova, directrice de la NSF. Les découvertes faites par ce laboratoire de classe mondiale, qui ont permis de mieux comprendre le Modèle standard et la nature fondamentale de l’Univers, ont répondu à certaines questions et en ont posé d’autres. Cet accord réitère l’engagement de la NSF envers le CERN et ouvre la voie à de futures découvertes scientifiques. »

L’accord sera reconduit automatiquement tous les cinq ans, sauf si l’un des signataires demande à le modifier ou à y mettre un terme.

Footnote(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la Recherche nucléaire, est le plus important laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Israël, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède et Suisse. La Roumanie a le statut de candidat à l’adhésion. La Serbie est État membre associé en phase préalable à l’adhésion. La Turquie est État membre associé. Les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, l’Inde, le Japon, le JINR, l’UNESCO et l’Union européenne ont le statut d'observateur.

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