Un pas en avant pour la publication en libre accès

Genève, le 14 décembre 2005. Une décision historique a été prise concernant l’orientation future de l’édition scientifique. À l’occasion d’une réunion accueillie par le CERN1 les 7 et 8 décembre, des représentants de plusieurs grands éditeurs dans le domaine de la physique, de laboratoires européens de la physique des particules, de sociétés savantes, d’organismes de financement ainsi que d’auteurs venus d’Europe et des États-Unis se sont réunis pour la première fois pour promouvoir la publication en libre accès. Cette réunion a notamment abouti à la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer un plan d’action qui devrait se concrétiser d’ici 2007.

Le libre accès, étroitement lié aux progrès en matière de numérisation des documents et de réseau électronique, est un sujet brûlant pour les universités, les éditeurs et même les États. Le libre accès peut être abordé selon deux approches. La communauté de la physique des particules figure déjà parmi les leaders d'une de ces approches : un système d'archive institutionnelle dans lequel des bibliothèques telles que celle du CERN mettent à disposition gratuitement leurs informations sur l’Internet.  L’autre approche consiste à travailler avec des éditeurs dans le domaine scientifique en vue de développer un libre accès aux revues.

Avec le libre accès, il s’agit de passer du modèle traditionnel de publications financées par les abonnements des lecteurs à un modèle d'accès gratuit aux revues par voie électronique, où les éditeurs seront financés par les auteurs. Le modèle actuel de publication, qui a résisté à l’épreuve du temps pendant au moins deux siècles, assure la qualité par un système d’évaluation par les pairs. Toutefois, c’est un modèle qui avantage les universités et institutions les plus riches étant donné que les abonnements aux revues sont chers. Tout l’enjeu du libre accès est de préserver le système d’assurance de la qualité garanti par les revues scientifiques tout en élargissant l’accès à l’information, dans l’intérêt de l’ensemble de la société.

La réunion, qui a regroupé quatre-vingt participants, fait suite à la signature de la Déclaration de Berlin2 par le CERN en mai 2004 et exploite l’intérêt accru de la communauté de la physique des particules pour le libre accès. En outre, la création d’un groupe de travail pour le libre accès a lieu à un moment crucial pour la communauté de la physique des particules. En 2007, le CERN lancera sa nouvelle installation phare, le Grand collisionneur de hadrons (LHC), et il souhaite que les résultats soient diffusés le plus largement possible.

Évoquant cette réunion, Robert Aymar, directeur général du CERN, a déclaré : « La prochaine étape des expériences LHC au CERN peut être le catalyseur d’un changement rapide dans le système de communication de la physique des particules. Les articles publiés par des auteurs du CERN sont déjà en libre accès sur son site web mais il s’agit seulement d’une solution partielle. Nous souhaitons que les systèmes de publication et d’archivage se rejoignent pour trouver une solution plus efficace, bénéfique pour l’ensemble de la communauté de la physique des particules. »

 Toutes les informations sur la réunion sont disponibles sur le site web.

Footnote(s)

1. Le CERN, Organisation européenne pour la Recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, l’Inde, Israël, le Japon, la Turquie, la Commission européenne et l’UNESCO ont le statut d’observateur.

2. La Déclaration de Berlin [extrait]:

Soutenir le passage au paradigme du libre accès électronique [LA]

Il est de l’intérêt de nos organismes que le nouveau paradigme du LA soit encouragé pour le plus grand profit de la science et de la société. Pour cette raison, nous souhaitons progresser en

  • encourageant nos chercheurs et boursiers à publier leurs travaux selon les principes du paradigme du LA ;
  • encourageant les détenteurs du patrimoine culturel à soutenir le LA en mettant leurs ressources à disposition sur l'Internet ;
  • développant les moyens et modalités pour évaluer les contributions au LA et les revues scientifiques en ligne pour maintenir les critères d’assurance qualité et d’éthique scientifique ;
  • favorisant la reconnaissance des publications en LA lors des évaluations intervenant dans le cadre de la promotion professionelle et académique.

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